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Mars 2021, chantier de la mosquée turque : le bal des hypocrites !

Depuis le 22 mars 2021, les Strasbourgeois sont les spectateurs impuissants d’une polémique qui enfle au sujet de la mosquée turque Eyyub Sultan. Cette querelle trouve son origine dans une question de gros sous : la Ville de Strasbourg doit-elle ou non verser une subvention à la Confédération Islamique turque Millî Görüs pour financer le chantier de la mosquée Eyyub Sultan ?

Mais enfin, le problème n’est pas seulement cette subvention de 2,563 millions € ! Le vraie faute est que les élus de Strasbourg ont accordé à cette confédération islamique turque le droit de construire une mosquée monumentale, surdimensionnée, flanquée de deux minarets qui surplomberont le quartier et l’entrée Sud de la Ville du haut de leurs 44 mètres, mosquée que ses promoteurs sont incapables de financer aujourd’hui et seront incapables d’entretenir demain.

800_ES_27Le Millî Görüs n’est pas né hier

Les élus qui font mine aujourd’hui de s’opposer sur la question de la subvention étaient tous membres du précédent conseil municipal qui a accordé le permis de construire. Roland Ries, Alain Fontanel, Catherine Trautmann, Alain Jund, Jeanne Barseghian, Syamak Agha Babaei et tous les autres savaient très bien ce qu’ils faisaient ; ils ont autorisé le Millî Görüs à construire une immense mosquée, peut-être la plus grande d’Europe, dans le quartier de la Meinau au Sud de Strasbourg. Cette organisation d’obédience turque était déjà en 2014, date du permis de construire, ce qu’elle est aujourd’hui : une organisation politico-religieuse rattachée à l’organisation européenne islamique Millî Görüs dont le siège est à Cologne et dont les liens avec Ankara sont très étroits. Les élus et responsables politiques qui disent découvrir en 2021 ce qu’est le Millî Görüs ne sont pas honnêtes. Ou bien alors ils sont ignorants.

Tous responsables

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Alain Fontanel, alors 1er adjoint de Roland Ries, aux côtés d’Eyup Sahin, président de CIMG-GMES

Les gesticulations des groupes politiques dits d’opposition au Conseil municipal de Strasbourg sont tout aussi déplorables. Leurs dirigeants avaient voté en faveur des modifications des règles d’urbanisme afin de rendre possible la délivrance du permis de construire. Quant à la préfète du Grand-Est, Josiane Chevalier, soudaine pourfendeuse du Millî Görüs, elle ferait bien de regarder les vidéos sur Youtube où l’on voit son prédécesseur Alain Marx, tout sourire, poser la première pierre de la mosquée aux côtés de Roland Ries, ancien maire de Strasbourg.

Jusqu’où va-t-on descendre ?

La polémique enfle, Paris s’en mêle, et tout le monde veut saisir la justice. Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, demande à sa préfète de saisir le Tribunal administratif pour s’opposer au versement de la subvention. Les écologistes de EELV veulent déposer plainte pour diffamation contre Darmanin et la préfète.

Tout cela se passe à Strasbourg, capitale européenne, et tout cela est navrant.

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16 octobre 2017 : cérémonie de la pose de la première pierre de la mosquée. À droite de la photo, tenant la truelle, Roland Ries, ancien maire, et Jean-Luc Marx, préfet de Région représentant l’État et le ministre de l’Intérieur.

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