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Minarets en Alsace : la faute du maire de Strasbourg

La municipalité de Strasbourg vient d’accorder à la Confédération Islamique Milli Gorüs, l’un des organismes qui fédère la communauté turque, le permis de construire une grande mosquée de style ottoman rue de la Fédération dans le quartier de la Meinau.

Dès décembre 2013, nous avions annoncé l’existence de ce projet démesuré et avions publié la photo de la maquette. À sa demande du maire Roland Ries, les Turcs avait différé le dépôt de la demande de permis de construire, car en plaine campagne des élections municipales, cette affaire aurait ruiné les chances du candidat PS.

Si la construction d’un lieu de culte conforme aux normes et aux besoins de la communauté turque de Strasbourg n’a pas été contesté, l’autorisation d’ériger deux minarets dominant le quartier et culminant à 44 mètres de hauteur est une faute. C’est une faute car cette autorisation rompt le pacte non écrit en vertu duquel les maires d’Alsace ont toujours refusé la construction de minarets, appendices sans autres fonctions que celles d’une visibilité symbolique et d’une affirmation communautaire. Les minarets n’ont jamais fait partie des paysages urbains ou ruraux en Alsace.

Depuis plusieurs années, les responsables politiques alsaciens, comme emportés dans une folle surenchère, n’osent plus rien refuser aux communautés musulmanes installées en Alsace et donnent suite à toutes leurs demandes.

Ce projet de mosquée est démesuré. Il est surdimensionné par rapport aux besoins de la Communauté turque et turcophone relevant du Millî Görüs. Qu’en est-il du plan de financement ? Quels sont les financeurs ? Et comment les responsables de la mosquée Eyyub Sultan pensent-ils pouvoir entretenir un tel ensemble immobilier ? En s’exonérant de poser ces questions avant de délivrer le permis de construire, le maire Roland Ries a commis une faute. Le risque est grand de voir un jour la Ville de Strasbourg prise en otage, contrainte de verser des subventions d’équilibre.

Si le projet de la Meinau est maintenu en l’état, comment refuser aux Marocains au Heyritz les minarets accordés aux Turcs à la Meinau ? Que répondre au DITIB, l’autre organisme turc, représentant l’islam officiel, lorsqu’il viendra un jour demander un permis de construire une autre mosquée dans le quartier de Hautepierre ? Et par un phénomène de propagation, les minarets risqueraient de se multiplier en Alsace. Nous demandons à Roland Ries de renoncer au projets de mosquée ottomane à la Meinau.