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La folle envolée des coûts

Combien va donc coûter cet ensemble pharaonique ? Les chiffres s’envolent et personne ne s’en émeut. En juin 2015, lorsque la Ville de Strasbourg a accordé le permis de construire, les porteurs du projet ont annoncé une estimation à 17 millions €. En octobre 2017, soit 2 ans et 4 mois plus tard, au moment de la cérémonie de la pose de la première pierre, l’estimation s’était envolée à 32 millions €. Et aujourd’hui, les responsables de la mosquée Eyyub Sultan annoncent un budget à 36 millions €. Quand cette hausse s’arrêtera-t-elle ? Ce n’est pas sérieux. Qu’ont fait l’architecte, le bureau d’étude, l’expert-comptable, les banquiers et les administrateurs de l’association GMES ?  Certains disront que cela ne nous regarde pas et que c’est l’affaire de la communauté turque et du Conseil d’administration de la Grande Mosquée Eyyub Sultan. Pas si sûr ! Quand la maire de Strasbourg tente de faire voter par son conseil municipal une subvention de 2,56 millions €, cela devient l’affaire de tous les Strasbourgeois.

Le chantage au chantier bloqué

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Jean Werlen, élu délégué aux cultes

De l’aveu même de Jean Werlen, l’élu délégué aux cultes, la subvention de la Ville est nécessaire, sans quoi le chantier arrêté « laissera une mosquée à moitié construite comme une verrue dans le paysage » (DNA du 15 avril 2021). Jean Werlen, élu mais aussi architecte, est d’une incroyable désinvolture avec l’argent des contribuables, pour un projet qui n’est pas le leur et qui n’ont aucune responsabilité dans ce dossier.

Les deux autres collectivités – la Région Grand Est et la Collectivité européenne d’Alsace – ont d’ores et déjà annoncé qu’elles ne verseraient pas de subvention. C’est du moins ce qu’elles affirment aujourd’hui, à deux mois des élections départementales et régionales. On a bien vu comment les élus de la Ville de Strasbourg ont changé d’avis.

Ont-ils pensé aux charges d’entretien ?

On se demande comment les responsables de la communauté turque et les élus de la Ville ont pu lancer un tel projet sans s’être préalablement assurés du financement !

L’estimation des charges d’entretien de cette future mosquée monumentale et des bâtiments annexes a-t-elle été faite avec la même légèreté que pour les coûts de construction ? Peut-être même que Eyup Sahin, président de l’association, et Roland Ries, ancien maire, ne se sont même pas posé cette question.

Modifier l’architecture quand il est encore temps

Il ne faut pas que les Strasbourgeois soient pris en otage dans un programme mal pensé, mal conçu et mal conduit. Même le Millî Görüs Europe, organisme de tutelle de la mosquée Eyyub Sultan, n’accorde pas de contribution financière.

Il est indispensable de revoir le projet architectural. Il faut abandonner le gigantisme de cette aventure et revenir à une construction plus adaptée aux besoins de la communauté turque et à ses capacités de financement. Il est urgent que les architectes repensent une construction sans minaret et remplacent le dôme par une toiture moins coûteuse.